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La famille en arabe : vocabulaire complet avec tashkeel

✍️ Par Fakhradine, Directeur de Tanger Institut et professeur de larabefacile.fr

Publié le 2 octobre 2026

Famille marocaine réunie autour d'un repas, trois générations souriantes
La famille en arabe : un vocabulaire ancré dans la vie quotidienne, du noyau familial jusqu'aux liens les plus fins

La famille en arabe (الْعَائِلَةُ, al-ʿāʾila) est le premier territoire où apprendre l'arabe prend tout son sens. Que tu vives à Lyon, à Bruxelles ou à Casablanca, c'est dans le quotidien familial que les mots arabes s'ancrent le plus naturellement : on ne mémorise pas « père » et « mère », on les vit.

Cet article te donne :

  • Tout le vocabulaire de la famille, du noyau familial jusqu'aux liens les plus fins (khāla vs ʿamma, ibn vs bint)
  • Les subtilités cachées que l'étymologie révèle, et les phrases pour présenter ta famille dès aujourd'hui

Il y a deux mots pour dire « famille » en arabe, et ils ne se superposent pas exactement. Il y a une différence entre dire « umm » et « wālidatun » pour désigner ta mère. Et il y a des erreurs que tout le monde fait avec « ibn » et « bint ». On va décortiquer tout ça ensemble, In sha Allah.

En bref

QuestionRéponse courte
Comment dit-on « famille » en arabe fusha ?أُسْرَةٌ (usra) ou عَائِلَةٌ (ʿāʾila)
Quelle est la différence entre les deux ?ʿĀʾila désigne le groupe au sens large ; usra insiste sur le lien de sécurité et de protection
Comment dit-on « père » / « mère » ?أَبٌ (ab) / أُمٌّ (umm) ; ou أَبِي / أُمِّي pour « mon père / ma mère »
Que signifie « khāla » ?La tante maternelle (la sœur de ta mère)
Que signifie « ibn » ?Le fils ; en arabe classique, aussi utilisé dans les noms propres (Ibn Rushd, Ben Ali)
Comment écrire son nom de famille en arabe ?En translittération phonétique : on transcrit les sons, pas les lettres françaises

Pourquoi commencer par le vocabulaire de la famille ?

Quand tu décides d'apprendre l'arabe, la première question qui se pose est : par où commencer ? La famille, c'est la réponse la plus naturelle qui soit. Pas parce que c'est « facile » (ça ne l'est pas toujours), mais parce que c'est immédiatement utile.

Pense-y : la prochaine fois que tu appelles ta mère, que tu parles de ton frère à un collègue, que tu présentes tes enfants à quelqu'un, tu as besoin de ces mots. Et en arabe, ces mots portent une profondeur que leurs équivalents français n'ont pas.

Un enfant qui grandit en entendant son père dire أُحِبُّكَ يَا بُنَيَّ (uḥibbuka yā bunayya, « je t'aime, mon fils ») ne se contente pas d'apprendre une phrase. Il reçoit une langue. Une identité. Un lien.

C'est ça, la famille comme porte d'entrée vers l'arabe : elle rend l'apprentissage personnel, incarné, mémorable. Et la mémorisation qui dure, c'est celle qui s'accroche à des moments vrais. Répéter un mot dans un contexte affectif réel vaut infiniment mieux que de le recopier vingt fois dans un cahier.

Comment dit-on « famille » en arabe ?

Deux mots coexistent, et ils ne sont pas interchangeables :

عَائِلَةٌ (ʿāʾila) : c'est le terme le plus courant dans les médias arabes et dans la langue contemporaine. Il vient du verbe عَالَ (ʿāla), qui signifie « subvenir aux besoins de », « pourvoir à ». La famille, c'est donc ceux dont on assure la subsistance, ceux qui dépendent les uns des autres.

أُسْرَةٌ (usra) : ce mot va plus loin. Il vient de la racine أ س ر (ʾ, s, r), qui porte l'idée de lien, de captivité au sens positif, de ce qui tient ensemble. L'usra, c'est le groupe soudé, la cellule où chacun est lié à l'autre par quelque chose de plus fort qu'une simple cohabitation. Ce terme est souvent préféré dans les textes islamiques et dans les contextes solennels.

En pratique, tu entendras les deux. Mais si tu veux parler de ta famille dans un sens profond, de ce qui te construit et te protège : dis أُسْرَةٌ.

La racine arabe de « ʿĀʾila » : ce que le mot porte en lui

La racine ع ي ل (ʿ, y, l)

Le mot عَائِلَةٌ vient de la racine ع ي ل (ʿ, y, l). Cette racine porte deux axes de sens qui se rejoignent : le besoin et le nombre. Celui qui a une famille est celui qui a des bouches à nourrir.

La famille arabe, au sens étymologique, n'est pas d'abord un cercle sentimental : c'est un cercle de responsabilité. Le père est عَائِلٌ (ʿāʾil), celui qui pourvoit. Et c'est cette responsabilité qui donne sa dignité au lien familial dans la culture arabe et islamique.

La famille dérivée de la racine ع ي ل :

  • عَالَ / يَعُولُ (ʿāla / yaʿūlu) : pourvoir aux besoins de
  • عَوِيلٌ (ʿawīl) : lamentation (autre sens de la racine, celui qui est dans le besoin crie)
  • عِيَالٌ (ʿiyāl) : les personnes à charge, les dépendants
  • مَعَاشٌ (maʿāsh) : les moyens de subsistance (racine voisine)

Le lien coranique :

وَوَجَدَكَ عَآئِلًا فَأَغْنَىٰ

« Et Il t'a trouvé dans le besoin et Il t'a mis à l'aise »

Source : Coran 93:8 (Sourate ad-Duḥā)

Le mot عَآئِلًا ici signifie « dans le besoin, pauvre ». Même racine. La famille, c'est ce qui comble ce vide fondamental : on n'est plus seul à porter sa vie.

Les membres de la famille en arabe : liste complète

La famille nucléaire

Commençons par le noyau. Ce sont les mots que tu utiliseras le plus, et chacun mérite qu'on s'y arrête.

FrançaisArabeTranslittérationPhonétique
Pèreأَبٌable « b » est bref
Mon pèreأَبِيabīou أَبُو + nom propre
Mèreأُمٌّummvoir ci-dessous
Ma mèreأُمِّيummī
Frèreأَخٌakhle « kh » guttural
Mon frèreأَخِيakhī
Sœurأُخْتٌukht
Ma sœurأُخْتِيukhtī
Filsاِبْنٌibnvoir ci-dessous
Filleبِنْتٌbint
Mariزَوْجٌzawj
Femme / épouseزَوْجَةٌzawja

Un point de grammaire concret : quand tu dis أَبُو مُحَمَّد (abū Muḥammad), tu utilises la forme dite « de liaison » du mot père. C'est pourquoi tu vois dans les noms propres tantôt « Abou », tantôt « Abi » selon la fonction grammaticale du mot dans la phrase.

La famille élargie

FrançaisArabeTranslittération
Grand-pèreجَدٌّjadd
Grand-mèreجَدَّةٌjadda
Oncle paternelعَمٌّʿamm
Oncle maternelخَالٌkhāl
Tante paternelleعَمَّةٌʿamma
Tante maternelleخَالَةٌkhāla
Cousin/e paternel(le)اِبْنُ عَمٍّ / بِنْتُ عَمٍّibn ʿamm / bint ʿamm
Cousin/e maternel(le)اِبْنُ خَالٍ / بِنْتُ خَالٍibn khāl / bint khāl
Neveuاِبْنُ أَخٍ / اِبْنُ أُخْتٍibn akh / ibn ukht
Nièceبِنْتُ أَخٍ / بِنْتُ أُخْتٍbint akh / bint ukht

Autres liens de parenté

FrançaisArabeTranslittération
Beau-pèreحَمٌّḥamm
Belle-mèreحَمَاةٌḥamāt
Gendreصِهْرٌṣihr
Bru / belle-filleكَنَّةٌkanna
Beau-frère / belle-sœurصِهْرٌ / صِهْرَةٌṣihr / ṣihra

Zoom sur trois mots que tout le monde cherche

Khāla vs ʿamma : la distinction qui compte

En France et en Belgique, beaucoup de francophones d'origine maghrébine utilisent le mot « khāla » sans savoir exactement ce qu'il couvre. Voici la règle, simple et définitive :

  • خَالَةٌ (khāla) : la tante maternelle. La sœur de ta mère.
  • عَمَّةٌ (ʿamma) : la tante paternelle. La sœur de ton père.

Même logique pour les oncles :

  • خَالٌ (khāl) : l'oncle maternel. Le frère de ta mère.
  • عَمٌّ (ʿamm) : l'oncle paternel. Le frère de ton père.

L'arabe ne laisse aucune ambiguïté sur le côté de la famille d'où vient chaque lien. En français, « oncle » peut être du côté du père ou de la mère : tu dois préciser. En arabe, le mot lui-même porte cette information. C'est l'une des grandes précisions de cette langue.

Cette distinction a une importance pratique dans le droit islamique, notamment pour les questions de mariage et de mahram (la liste des personnes qui ne peuvent pas se marier entre elles). Mais au-delà du droit, elle reflète une conception de la famille où chaque lien est nommé avec précision, parce que chaque lien a un poids propre.

Ibn : bien plus qu'un simple « fils »

اِبْنٌ (ibn) signifie « fils ». Mais ce mot, tu le croises partout : dans les noms propres (Ibn Rushd, Ibn Khaldoun, Ibn Baṭṭūṭa), dans les noms patronymiques maghrébins (Ben Ali, Bensaid, Benali), et dans le Coran.

Quelques points à connaître :

  • Ibn / bin / ben : ce sont trois prononciations du même mot selon les contextes. Ibn est la forme pleine (arabe classique). Bin est la forme de liaison courante dans les noms. Ben est la forme qu'on retrouve dans les patronymes du Maghreb francisés.
  • بِنْتٌ (bint) : l'équivalent féminin, « fille ». Tu remarques que les deux mots partagent les lettres ب et ن : même racine, formes jumelles.
  • اِبْنُ عَمٍّ (ibn ʿamm) : littéralement « fils d'oncle paternel », c'est-à-dire le cousin germain paternel. En arabe, les relations de cousinage se construisent toujours à partir de ces mots de base, jamais avec un mot unique comme « cousin ».

Dans la formule يَا بُنَيَّ (yā bunayya, « ô mon fils »), tu as la forme affective et diminutive de ibn. C'est le mot qu'Allah prête à Luqmān dans le Coran quand il s'adresse à son fils pour lui transmettre sa sagesse. Ce n'est pas un hasard : c'est la forme du père qui aime.

Umm : un mot plus grand que « mère »

أُمٌّ (umm) est l'un des mots les plus chargés de toute la langue arabe. Et sa richesse vient précisément du fait qu'il ne signifie pas seulement « celle qui a enfanté ».

Il y a en arabe deux mots pour désigner la mère :

  • أُمٌّ (umm) : désigne la mère au sens de pilier, d'origine, de référence. La notion d'enfantement physique n'est pas obligatoire.
  • وَالِدَةٌ (wālidatun) : désigne spécifiquement celle qui a physiquement enfanté. Ce mot contient obligatoirement l'acte de mise au monde.

La distinction se voit magnifiquement dans le Coran. Dans la Sourate Maryam (19:32), Issa (عليه السلام) parle de Maryam avec le mot وَالِدَتِي (wālidatī), parce qu'il souligne qu'elle l'a physiquement enfanté. Mais quelques versets plus tôt, le peuple interpelle Maryam en évoquant أُمُّكِ (ummuki, « ta mère »), parce qu'il s'agit de souligner la piété et la dignité sacrée de sa mère, non l'acte d'enfantement.

C'est pour cela qu'on dit أُمُّ الْمُؤْمِنِينَ (Umm al-Muʾminīn, « Mère des croyants ») pour les épouses du Prophète ﷺ : ce n'est pas qu'elles ont enfanté les croyants, c'est qu'elles sont leur référence, leur pilier spirituel.

Et أُمُّ الْقُرْآنِ (Umm al-Qurʾān, « Mère du Coran ») est le titre de la Sourate al-Fātiḥa : elle est l'origine, l'essentiel, le noyau dont tout part.

Umm désigne ce qui est premier. Ce qui porte.

Mère marocaine lisant le Coran avec ses enfants dans un salon traditionnel, illustration du mot umm en arabe
En arabe, أُمٌّ (umm) désigne la mère au sens de pilier et d'origine : bien plus qu'un simple mot pour « maman »

La distinction ʿamma / khāla vue par la racine

Ces distinctions entre côté maternel et paternel ne sont pas arbitraires. L'arabe a une conscience aiguë de la lignée. Le mot خَالٌ (khāl, oncle maternel) partage avec خَالِصٌ (khāliṣ, pur, sans mélange) une proximité phonétique qui a inspiré les poètes arabes : l'oncle maternel, c'est celui qui vient du même sang que ta mère, celui du côté « pur » de la tendresse. Ce rapprochement appartient à la poésie et au ressenti de la langue, pas à l'étymologie technique.

Comment écrire son nom de famille en arabe

C'est une question pratique que beaucoup de lecteurs se posent : comment écrire « Benali », « Dupont » ou « Lefebvre » en arabe ?

La règle est simple : on transcrit les sons, pas les lettres.

En arabe, il n'existe pas de lettre « P » : le son [p] se transcrit par ب (bāʾ), qui est le son le plus proche. Donc « Dupont » devient دُوبُون (Dūbūn) et non une transcription lettre par lettre.

De même :

  • Le son « E » muet français n'existe pas en arabe : on le supprime ou on le transcrit par une voyelle brève selon le contexte.
  • Le son « O » se rend par و (wāw) long, ou par la voyelle brève ضَمَّة selon la position.
  • Le « G » existe dans certains dialectes (la lettre ج peut se prononcer [g] en Égypte), mais en fusha on lui substitue souvent غ (ghayn) ou ك (kāf) selon l'approximation sonore.

Pour un nom de famille d'origine arabe ou berbère (Benali, Bensaid, Khadouri), le principe est inverse : on retrouve la forme arabe originale. Benali vient de بَنِي عَلِيٍّ (Banī ʿAlī, « fils de ʿAlī ») ou simplement بِنُ عَلِيٍّ (Bin ʿAlī) en patronymique.

La darija marocaine : comment la famille se dit autrement

Dans la famille franco-marocaine, on n'entend pas toujours le fusha. Voici les termes de la darija marocaine les plus courants pour la famille :

FrançaisDarija marocaineFusha équivalent
Famillefamilia / l-ʿaylaالْعَائِلَةُ (al-ʿāʾila)
Pèrebbaأَبٌ (ab)
Mèremmaأُمٌّ (umm)
Frèrekhouyaأَخٌ (akh)
Sœurkhtiyaأُخْتٌ (ukht)
Grand-pèrejeddجَدٌّ (jadd)
Grand-mèrejeddtaجَدَّةٌ (jadda)
Oncle paternelʿammiعَمٌّ (ʿamm)
Tante maternellekhaltiخَالَةٌ (khāla)

Tu remarques que la darija garde les racines arabes, mais les transforme phonétiquement et les abrège. Bba est une contraction affective de أَبَاهُ ; mma est une réduction de أُمَّاهُ. La tendresse compresse les mots.

Si tu veux apprendre le fusha pour comprendre le Coran, les discours arabes et la correspondance formelle, c'est le fusha qu'il te faut maîtriser. La darija, elle, est la langue du quotidien marocain. On explique la darija. On enseigne le fusha.

Phrases pour présenter ta famille en arabe

Maintenant que tu as le vocabulaire arabe essentiel, voici comment construire des phrases réelles. L'objectif : que tu puisses te présenter et parler de ta famille dès aujourd'hui.

Se présenter et présenter sa famille

هَذَا أَبِي، اِسْمُهُ مُحَمَّد

Hādhā abī, ismuhu Muḥammad.

« Voici mon père, il s'appelle Mohammed. »

هَذِهِ أُمِّي، هِيَ مِنَ الرِّبَاطِ

Hādhihi ummī, hiya min ar-Ribāṭ.

« Voici ma mère, elle est de Rabat. »

أَنَا مُتَزَوِّجٌ وَلَدَيَّ ثَلَاثَةُ أَطْفَالٍ

Anā mutazawwijun wa ladayya thalāthatu aṭfāl.

« Je suis marié et j'ai trois enfants. »

أَنَا مُتَزَوِّجَةٌ وَلَدَيَّ طِفْلَانِ

Anā mutazawwijatun wa ladayya ṭiflān.

« Je suis mariée et j'ai deux enfants. » (forme féminine)

أَخِي يَعِيشُ فِي فَرَنْسَا

Akhī yaʿīshu fī Faransa.

« Mon frère vit en France. »

أُخْتِي مُتَزَوِّجَةٌ وَتَسْكُنُ فِي بَلْجِيكَا

Ukhtī mutazawwijatun wa taskunu fī Baljīkā.

« Ma sœur est mariée et habite en Belgique. »

Parler de la maison et du foyer

La famille, c'est aussi la maison en arabe. On ne peut pas parler de l'une sans évoquer l'autre. Apprendre le vocabulaire de la maison en arabe te permet de raconter la vie familiale dans sa quotidienneté : qui dort dans quelle chambre, qui cuisine, qui range.

بَيْتُنَا صَغِيرٌ لَكِنَّهُ دَافِئٌ

Baytunā ṣaghīrun lakinnahū dāfiʾ.

« Notre maison est petite mais chaleureuse. »

تَجْتَمِعُ الْعَائِلَةُ فِي غُرْفَةِ الْجُلُوسِ

Tajtamiʿu l-ʿāʾilatu fī ghurfati l-julūs.

« La famille se réunit dans le salon. »

Exprimer l'amour et l'affection

Exprimer l'amour en arabe est l'une des choses les plus belles que la langue te permet de faire. Et avec tes proches, ces phrases ont une force particulière.

أُحِبُّكَ يَا بُنَيَّ

Uḥibbuka yā bunayya.

« Je t'aime, mon fils. »

أَنَا فَخُورٌ بِكَ

Anā fakhūrun bika.

« Je suis fier de toi. »

لَا تَحْزَنْ، اللهُ مَعَكَ

Lā taḥzan, Allāhu maʿak.

« Ne sois pas triste, Allah est avec toi. »

هَلُمَّ أُقَبِّلْكَ

Halumma uqabbilka.

« Viens que je t'embrasse. »

L'enfant vertueux : ce que la famille laisse après elle

Il y a un hadith qui résume toute la philosophie islamique de la famille. C'est le hadith sur ce qui subsiste après la mort :

إِذَا مَاتَ الْإِنْسَانُ انْقَطَعَ عَمَلُهُ إِلَّا مِنْ ثَلَاثٍ : صَدَقَةٍ جَارِيَةٍ، أَوْ عِلْمٍ يُنْتَفَعُ بِهِ، أَوْ وَلَدٍ صَالِحٍ يَدْعُو لَهُ

Translittération : Idhā māta l-insānu nqaṭaʿa ʿamaluhu illā min thalāthin : ṣadaqatin jāriyatin, aw ʿilmin yuntafaʿu bih, aw waladin ṣāliḥin yadʿū lah.

« Quand un être humain meurt, ses actions s'arrêtent, sauf trois : une aumône continue, un savoir dont on profite, ou un enfant vertueux qui prie pour lui. »

Source : Muslim n° 1631, d'après Abū Hurayra رضي الله عنه : ṣaḥīḥ (authentique)

Ce hadith dit quelque chose de profond sur la famille : l'enfant n'est pas seulement le fruit de la famille. Il en est la continuation. Élever un enfant dans la foi et dans les valeurs, c'est investir dans quelque chose qui traverse la mort.

Et cela donne au vocabulaire de la famille une gravité inattendue. Quand tu apprends à dire وَلَدٌ صَالِحٌ (waladun ṣāliḥ, « enfant vertueux »), tu n'apprends pas seulement deux mots arabes. Tu touches à la raison profonde pour laquelle la famille existe dans la perspective islamique : transmettre.

Quand dire et quand ne pas dire

Umm vs wālidatun : comment choisir ?

  • Quand tu veux parler de ta mère à quelqu'un, utilise أُمِّي (ummī) : c'est le terme affectif naturel, celui qui dit à la fois « ma mère » et « mon pilier ».
  • Utilise وَالِدَتِي (wālidatī) quand tu veux souligner l'acte d'enfantement lui-même, dans un contexte où cela compte (discussion médicale, texte juridique, contexte formel).

Ne dis pas : wālidatī à la place d'ummī dans une conversation normale : c'est correct, mais cela sonne froid et formel.

Ibn dans les noms propres : attention à la position

En arabe classique, le « n » de اِبْنٌ (ibn) s'élide souvent quand le mot est entre deux noms propres. C'est pour ça que tu vois écrit « Ibn Rushd » seul (avec le « n »), mais que dans une phrase arabe complète, la prononciation et l'écriture peuvent changer. Dans les noms patronymiques, on conserve la forme بِنْ (bin) ou بَن (ben) selon la région.

ʿAmm ou khāl : l'erreur qu'on fait en darija

En darija marocaine, on dit souvent ʿammi pour s'adresser poliment à un homme plus âgé, même s'il n'est pas notre oncle paternel. C'est un usage affectif et respectueux. En fusha, عَمٌّ désigne strictement le frère du père : ne les confonds pas dans un texte formel.

Fakhūr : la fierté, avec précaution

Le mot فَخُورٌ (fakhūr, « fier ») vient d'une racine qui dans le Coran porte souvent le sens négatif d'orgueil. La phrase أَنَا فَخُورٌ بِكَ (Anā fakhūrun bika) est correcte et naturelle dans le sens de « je suis fier de toi », mais il faut savoir que cette même racine, dans d'autres contextes, peut signifier l'arrogance. C'est le contexte qui tranche.

Apprendre l'arabe à travers la famille : la méthode Tanger Institut

Si tu veux vraiment ancrer ce vocabulaire, ne te contente pas de relire ces listes. La méthode qui fonctionne, c'est la répétition dans un contexte vrai.

Demain matin, quand tu prépares tes enfants pour l'école, essaie حَانَ وَقْتُ الْقِيَامِ (ḥāna waqtu l-qiyām, « c'est l'heure de se lever »). Le soir, avant qu'ils dorment, dis لَا تَحْزَنْ، اللهُ مَعَكَ si l'un d'eux est triste. Ces phrases ne s'apprennent pas dans un cours. Elles s'apprennent dans la vie.

Mais pour aller plus loin, pour comprendre la grammaire qui est derrière ces phrases, les déclinaisons, le masculin et le féminin, la forme de l'impératif : tu as besoin d'un cadre structuré.

C'est exactement ce que propose Tanger Institut avec ses cours d'arabe à Tanger : une immersion dans le fusha, guidée par des professeurs qui enseignent l'arabe à Tanger depuis 2012, dans une ville où la langue est vivante autour de toi. Si tu cherches des cours d'arabe sérieux, ancrés dans la langue et dans la tradition, nous serions heureux de t'accueillir In sha Allah.

FAQ : vos questions sur la famille en arabe

❓ Comment dit-on « famille » en arabe darija ?

En darija marocaine, le mot le plus courant est l-ʿayla (une contraction de l'arabe classique عَائِلَةٌ). On entend aussi familia, emprunté à l'espagnol via l'histoire du Maroc. En fusha, la forme correcte est عَائِلَةٌ (ʿāʾila) ou أُسْرَةٌ (usra).

❓ Que signifie « khāla » en arabe ?

خَالَةٌ (khāla) désigne la tante maternelle, c'est-à-dire la sœur de ta mère. Ne pas confondre avec عَمَّةٌ (ʿamma), qui est la tante paternelle (la sœur de ton père). L'arabe distingue systématiquement les deux côtés de la famille.

❓ Comment écrire la famille en arabe ?

La famille se dit et s'écrit عَائِلَةٌ (ʿāʾila) ou أُسْرَةٌ (usra) en arabe standard. Pour le vocabulaire des membres : père = أَبٌ, mère = أُمٌّ, frère = أَخٌ, sœur = أُخْتٌ, fils = اِبْنٌ, fille = بِنْتٌ.

❓ Comment dire nom de famille en arabe ?

On dit اِسْمُ الْعَائِلَةِ (ismu l-ʿāʾila, « le nom de la famille ») ou اللَّقَبُ (al-laqab, « le surnom, le patronyme »). Pour l'écrire, on translittère les sons en arabe : on transcrit ce qu'on entend, pas ce qu'on voit en français.

❓ Que signifie « ibn » en arabe ?

اِبْنٌ (ibn) signifie « fils ». Son équivalent féminin est بِنْتٌ (bint, « fille »). Dans les noms propres, on le retrouve sous les formes bin ou ben (Ben Ali, Bensaid). En arabe classique, il sert aussi à construire les relations de cousinage : اِبْنُ عَمٍّ (ibn ʿamm) = cousin paternel.

❓ Que signifie « umm » en arabe ?

أُمٌّ (umm) désigne la mère, mais pas seulement celle qui a physiquement enfanté. Le mot porte le sens de « origine, pilier, référence ». C'est pour cela qu'on dit أُمُّ الْقُرْآنِ (Umm al-Qurʾān) pour désigner la Sourate al-Fātiḥa, et أُمُّ الْمُؤْمِنِينَ (Umm al-Muʾminīn) pour les épouses du Prophète ﷺ. À distinguer de وَالِدَةٌ (wālidatun), qui désigne spécifiquement celle qui a enfanté.

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