Tachahoud : texte arabe complet, traduction et prononciation
Publié le 15 octobre 2026

Le tachahoud (التَّشَهُّد) est la formule que tout musulman récite en position assise dans la prière. Tu la connais depuis l'enfance, tu la murmures plusieurs fois par jour, dans chaque prière, à chaque assise. Mais sais-tu vraiment ce que tu dis ? Sais-tu pourquoi cette formule porte le nom de « tachahoud » plutôt que celui de « tahiyyat » ou de « tasliya » ? Et sais-tu ce qui la distingue de Al-Fatiha dans la prière, cette autre récitation fondamentale que tu récites à chaque rak'ah ?
Le tachahoud exprime deux réalités simultanées :
- Un hommage exclusif à Allah : toutes les adorations, verbales, corporelles et financières, ne lui appartiennent qu'à Lui.
- Une double attestation de foi : la shahada prononcée au cœur même de la prière, à genoux, les mains sur les cuisses.
Voici tout ce qu'il faut savoir pour réciter le tachahoud avec conscience, le comprendre avec profondeur, et ne plus jamais le laisser glisser sur ta langue comme une formule automatique.
En bref
- Le tachahoud est la formule récitée en position assise (jalsa) dans la prière.
- Il en existe deux occurrences : le premier tachahoud, au milieu des prières de trois ou quatre rak'ahs, et le dernier tachahoud, à la fin de toute prière.
- La formule de base est celle que le Prophète ﷺ a enseignée à Ibn Mas'ûd رضي الله عنه, la main dans la main.
- Au dernier tachahoud s'ajoutent la salât ibrâhîmiyya et une invocation de protection contre quatre épreuves.
- Le tout se termine par le salâm.
Qu'est-ce que le tachahoud ? Définition et signification du mot
Quand tu t'assoies dans la prière et que tu commences « At-tahiyyâtu lillâh », tu récites ce qu'on appelle en arabe le تَشَهُّد (at-tachahoud).
Ce mot est un masdar, un nom verbal, dérivé du verbe تَشَهَّدَ (tachahada). La racine, tu la reconnais immédiatement : c'est ش هـ د (sh, h, d), la même que شَهَادَة (shahâda), le témoignage. Tachahada ar-rajul signifie littéralement : « l'homme a prononcé son témoignage de foi. »
Mais voilà où ça devient intéressant. La formule du tachahoud contient plusieurs éléments : les salutations (التَّحِيَّات), les prières (الصَّلَوَات), les bonnes œuvres (الطَّيِّبَات). Pourquoi alors l'appeler « tachahoud » plutôt que « tahiyyat » ou « tayyibat » ?
La réponse est belle : parce que les deux témoignages de foi, les شَهَادَتَان (chahâdatân), sont la partie la plus noble et la plus méritoire de tout cet ensemble. En arabe, on nomme un tout d'après sa partie la plus excellente. La double attestation de foi est le sommet de ce dhikr. Alors l'ensemble a pris son nom.
C'est un principe de la langue arabe que tu retrouves partout : on appelle le Coran « Qur'ân » (récitation) alors qu'il est aussi écriture, lumière, guidance. On le nomme par ce qu'il a de plus singulier.
La racine arabe : ش هـ د (sh, h, d)
Ibn Fāris, dans son Maqāyīs al-lugha, définit ainsi la racine ش هـ د :
أَصْلٌ وَاحِدٌ يَدُلُّ عَلَى حُضُورٍ وَعِلْمٍ وَإِعْلَامٍ
Translittération : Aṣlun wāḥidun yadullu ʿalā ḥuḍūrin wa-ʿilmin wa-iʿlām.
Une souche unique qui désigne la présence, la connaissance et le fait d'informer.
Source : Maqāyīs al-lugha, entrée ش هـ د.
Le sens-souche est donc la présence témoin : être là, voir, savoir, et en témoigner. Ce n'est pas un témoignage abstrait. C'est la présence physique de celui qui a vu et qui dit.
Quand tu prononces أَشْهَدُ (ashhadu), tu ne dis pas « je crois » ni « j'espère ». Tu dis : « je suis là, j'ai vu, je sais, et j'atteste. » C'est le témoignage du certain, non du douteux.
La famille de la racine
| Mot arabe | Translittération | Sens |
|---|---|---|
| شَاهِد | shāhid | témoin |
| شَهَادَة | shahāda | témoignage, attestation de foi |
| مَشْهَد | mashhad | lieu où l'on assiste à quelque chose, scène |
| شُهُود | shuhūd | présence, ensemble des témoins |
| أَشْهَدُ | ashhadu | j'atteste (présent de l'accompli) |
| مَشْهُود | mashhūd | ce dont on est témoin |
Le lien coranique
Allah dit dans le Coran, dans la sourate Burūj :
وَٱلۡيَوۡمِ ٱلۡمَوۡعُودِ وَشَاهِدٍ وَمَشۡهُودٍ
« Par le Jour promis, et par le témoin et ce dont on est témoin. »
Sourate Al-Burūj, 85:2-3
Les exégètes ont dit que ce verset englobe les jours sanctifiés et les rassemblements où les croyants sont témoins les uns des autres devant Allah. Chaque fois que tu récites le tachahoud, tu es ce shāhid : présent, conscient, attestant.
Le hadith fondateur : la main dans la main
Il y a une scène que les musulmans connaissent peu, et qui devrait pourtant faire battre le cœur différemment à chaque tachahoud.
Ibn Mas'ûd رضي الله عنه raconte :
عَلَّمَنِي رَسولُ اللَّهِ صَلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ، وكَفِّي بيْنَ كَفَّيْهِ، التَّشَهُّدَ، كما يُعَلِّمُنِي السُّورَةَ مِنَ القُرْآنِ
Translittération : ʿAllamanī rasūlu Llāhi ṣallā Llāhu ʿalayhi wa-sallam, wa-kaffī bayna kaffayhi, at-tashahhuda, kamā yuʿallimunī s-sūrata mina l-Qurʾān.
« Le Messager d'Allah ﷺ m'a enseigné le tachahoud, ma main entre ses deux mains, comme il m'enseignait une sourate du Coran. »
Source : Muslim n°402, d'après Ibn Mas'ûd رضي الله عنه : ṣaḥīḥ (authentique)
Relis bien cette phrase : « ma main entre ses deux mains. » Le Prophète ﷺ ne dictait pas. Il tenait la main de son Compagnon, comme un maître qui transmet quelque chose de précieux, quelque chose de vivant. Et la comparaison avec l'apprentissage du Coran est elle-même un enseignement : le tachahoud a ce même rang de transmission directe, de bouche à oreille, de main à main.
La formule qu'il lui a enseignée ce jour-là :
التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ وَالصَّلَوَاتُ وَالطَّيِّبَاتُ، السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
Translittération : At-taḥiyyātu lillāhi wa-ṣ-ṣalawātu wa-ṭ-ṭayyibāt. As-salāmu ʿalayka ayyuhā n-nabiyyu wa-raḥmatu Llāhi wa-barakātuh. As-salāmu ʿalaynā wa-ʿalā ʿibādi Llāhi ṣ-ṣāliḥīn. Ashhadu an lā ilāha illā Llāh, wa-ashhadu anna Muḥammadan ʿabduhu wa-rasūluh.
« Les salutations appartiennent à Allah, ainsi que les prières et les bonnes choses. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d'Allah. J'atteste qu'il n'y a de dieu digne d'adoration qu'Allah, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. »

Décryptage mot à mot : ce que tu dis vraiment
التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ وَالصَّلَوَاتُ وَالطَّيِّبَاتُ
Ces trois mots au pluriel résument en réalité tous les types d'adoration possibles :
| Terme | Type d'adoration | Ce que ça inclut |
|---|---|---|
| التَّحِيَّاتُ (at-taḥiyyāt) | Adoration verbale | Les paroles, les salutations, le dhikr |
| الصَّلَوَاتُ (aṣ-ṣalawāt) | Adoration corporelle | La prière, le jeûne, le pèlerinage |
| الطَّيِّبَاتُ (aṭ-ṭayyibāt) | Adoration par les biens | La zakat, la sadaqa, l'effort financier |
Tous ces types d'adoration, sans exception, appartiennent à Allah : lillāh. C'est la déclaration d'exclusivité qui ouvre le tachahoud. Avant même d'attester, tu proclames à qui tout revient.
السَّلَامُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ
Pourquoi saluer le Prophète ﷺ au singulier, avec « tu » (ʿalayka), alors qu'on ne le voit pas ? La réponse vient du hadith lui-même (Muslim 402) : avant que le Prophète ﷺ n'enseigne cette formule, les Compagnons disaient « As-salāmu ʿala Llāh », « que la paix soit sur Allah. » Il les a corrigés : Allah est le Salâm, source de toute paix. On ne lui adresse pas un salut comme on le ferait à une créature. On salue d'abord le Prophète ﷺ, dont la station est la plus haute, puis on s'inclut avec tous les serviteurs vertueux. Une logique de priorité et d'inclusion progressive. Et quand le Prophète ﷺ est décédé, les Compagnons ont dit : on gardera « ʿalayka » tel quel. Cette phrase adressée au « tu » est un lien vivant, même aujourd'hui.
السَّلَامُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ
Ce salut, quand tu le prononces, ne reste pas entre tes quatre murs. Il atteint chaque serviteur vertueux d'Allah dans les cieux et sur la terre, humains, anges, et au-delà. C'est ce qu'enseigne le hadith d'Ibn Mas'ûd (Muslim 402). Tu pries seul dans ta chambre à Paris, à Lyon, à Casablanca, et ta voix rejoint une communauté invisible, immense, ancrée dans tous les temps et tous les lieux.
أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّدًا عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ
Deux témoignages, non un seul. Le premier sur l'unicité d'Allah. Le second sur Muhammad ﷺ : non pas un roi, non pas un dieu, mais عَبْدُهُ (ʿabduhu), Son serviteur. Ce titre de « serviteur » est le plus noble des titres dans l'islam. Il précède « messager » dans l'ordre des mots. C'est voulu.
Premier et dernier tachahoud : ce qui les distingue
Le tachahoud n'est pas toujours le même selon où tu te trouves dans la prière. C'est une distinction importante, et beaucoup de fidèles ne la maîtrisent pas.
Le premier tachahoud (التَّشَهُّدُ الأَوَّل) : celui du milieu de la prière, après la deuxième rak'ah dans les prières de trois ou quatre rak'ahs (Dhuhr, 'Asr, Maghrib, 'Ichâ'). Tu récites la formule de base, de at-tahiyyâtu lillāh jusqu'à ʿabduhu wa-rasūluh. Tu te relèves ensuite pour la rak'ah suivante.
Le dernier tachahoud (التَّشَهُّدُ الأَخِير) : celui qui clôt la prière, à la fin de la dernière rak'ah. Même formule de base, à laquelle s'ajoutent deux éléments supplémentaires que la prière du milieu ne contient pas.
Le dernier tachahoud : ce qu'on y ajoute
La salât ibrâhîmiyya
Après avoir achevé la formule de base, tu récites au dernier tachahoud :
اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ، اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ
Translittération : Allāhumma ṣalli ʿalā Muḥammadin wa-ʿalā āli Muḥammad, kamā ṣallayta ʿalā Ibrāhīma wa-ʿalā āli Ibrāhīm, innaka Ḥamīdun Majīd. Allāhumma bārik ʿalā Muḥammadin wa-ʿalā āli Muḥammad, kamā bārakta ʿalā Ibrāhīma wa-ʿalā āli Ibrāhīm, innaka Ḥamīdun Majīd.
« Ô Allah, bénis Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu as béni Ibrahim et la famille d'Ibrahim. Tu es certes Digne de louange et de Gloire. Ô Allah, répands Tes grâces sur Muhammad et la famille de Muhammad, comme Tu les as répandues sur Ibrahim et la famille d'Ibrahim. Tu es certes Digne de louange et de Gloire. »
Deux parties, deux verbes distincts. Le premier : صَلِّ (ṣalli), demander la grâce divine sur. Le second : بَارِكْ (bārik), demander la bénédiction. La structure est presque identique, seul le verbe change. Et les deux sont suivis de la même clôture : innaka Ḥamīdun Majīd, « Tu es Digne de louange et de Gloire. »
Pourquoi « ibrahimique » ? Parce que la formule établit une comparaison (kamā, « comme ») avec la grâce accordée à Ibrahim عليه السلام et à sa famille. C'est un pont entre les deux grands prophètes, et une reconnaissance que la mission abrahamique et la mission muhammadienne forment une seule et même lumière.
L'invocation de protection contre les quatre épreuves
Après la salât ibrâhîmiyya, avant le salâm :
اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنْ عَذَابِ جَهَنَّمَ وَمِنْ عَذَابِ الْقَبْرِ وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَحْيَا وَالْمَمَاتِ وَمِنْ فِتْنَةِ الْمَسِيحِ الدَّجَّالِ
Translittération : Allāhumma innī aʿūdhu bika min ʿadhābi jahannam, wa-min ʿadhābi l-qabr, wa-min fitnati l-maḥyā wa-l-mamāt, wa-min fitnati l-masīḥi d-Dajjāl.
« Ô Allah, je Te demande protection contre le châtiment de l'enfer, contre le châtiment de la tombe, contre l'épreuve de la vie et de la mort, et contre l'épreuve du Faux Messie. »
Quatre protections demandées. Quatre réalités que personne ne peut affronter seul. C'est le moment de la prière où tu es le plus proche du salâm, et où tu demandes à Allah de t'en préserver.
L'invocation personnelle libre
Après ces quatre protections, avant de prononcer le salâm, s'ouvre un espace d'invocation personnelle. Les sources rapportent que le Prophète ﷺ a dit, en substance : que le croyant choisisse ensuite ce qu'il souhaite comme supplication. Ce moment est à toi. Tes propres mots, en arabe ou dans ta langue, pour ce qui t'appartient et que tu ne peux dire qu'à Allah.
Le tachahoud : statut juridique dans la prière
On entend souvent : « c'est obligatoire » ou « c'est juste une sunna. » La vérité est un peu plus précise, et elle varie selon quel tachahoud on parle.
Les juristes distinguent, au sein des actes de la prière, plusieurs niveaux : les أَرْكَان (arkān), les piliers sans lesquels la prière est nulle ; les وَاجِبَات (wājibāt), les obligations dont l'oubli exige une correction ; et les سُنَن (sunan), les traditions prophétiques recommandées.
- Le premier tachahoud (du milieu) est classé parmi les wājibāt dans la position de plusieurs savants : son oubli ne rend pas la prière nulle, mais appelle la prosternation d'oubli (sujūd as-sahw) pour corriger.
- Le dernier tachahoud (de fin) est considéré par beaucoup comme un rukn, un pilier de la prière. Son oubli total invalide la prière.
- La salât ibrâhîmiyya au dernier tachahoud : certains savants la considèrent comme un pilier de la prière, d'autres comme une obligation, d'autres comme une sunna fortement recommandée. La divergence existe, et elle est honorable.
Ce qu'il faut retenir pour toi, au quotidien : ne quitte jamais le dernier tachahoud sans la salât ibrâhîmiyya. Et si tu oublies le premier tachahoud du milieu, fais la prosternation d'oubli avant ou après le salâm.
Position du corps et geste du doigt
La posture au tachahoud a son propre nom : الجِلْسَة (al-jilsa), avec kasra sur le jim, la posture assise. La façon de s'asseoir, les mains sur les cuisses, le regard vers le sol.
Et il y a le geste du doigt : l'index de la main droite levé lors de la double attestation. Ce geste, taḥrīk al-iṣbaʿ, est une sunna. Le mot إِصْبَع (iṣbaʿ) est d'ailleurs l'un des mots arabes qui possède le plus de variantes phonétiques reconnues par les grammairiens, six selon certains.
L'index levé au moment de ashhadu an lā ilāha illā Llāh est une proclamation physique de l'unicité. Ce n'est pas un ornement : c'est le corps qui rejoint la parole.
Quand réciter le tachahoud ? Les deux moments
- Dans la prière à deux rak'ahs (Fajr, prière de surérogatoire courte) : un seul tachahoud, à la fin, suivi du salâm.
- Dans la prière à trois rak'ahs (Maghrib) : un tachahoud au milieu (après la deuxième rak'ah), un tachahoud final (après la troisième). Tu te relèves après le premier sans salât ibrâhîmiyya ni protection des quatre.
- Dans la prière à quatre rak'ahs (Dhuhr, 'Asr, 'Ichâ') : même schéma, un tachahoud au milieu, un à la fin.
La règle est simple : le premier tachahoud ne porte que la formule de base. Le dernier porte la formule de base, plus la salât ibrâhîmiyya, plus les quatre protections, plus l'espace d'invocation libre.
Que faire si on oublie le tachahoud ?
Si tu oublies le premier tachahoud et que tu te relèves pour la rak'ah suivante : si tu n'es pas encore debout, reviens t'asseoir et récite-le. Si tu es déjà debout et que tu ne t'es pas encore redressé complètement, reviens. Si tu t'es redressé complètement, continue ta prière et fais la prosternation d'oubli (سُجُودُ السَّهْوِ) avant ou après le salâm, selon les avis.
Si tu oublies le dernier tachahoud complètement et que tu as prononcé le salâm : les juristes divergent. La position générale est que si tu t'en souviens rapidement, tu te rassoies, récites le tachahoud et prononces le salâm. Si un temps long s'est écoulé, la question devient plus complexe et appelle à consulter un savant.
La purification rituelle est la condition préalable à la prière, mais l'intention et la présence d'esprit sont ce qui donne vie à chaque acte, y compris le tachahoud. Le hadith qui fonde toute pratique islamique le dit avec une clarté sans égale :
إِنَّمَا الأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ، وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى
Translittération : Innamā l-aʿmālu bi-n-niyyāt, wa-innamā li-kulli mriʾin mā nawā.
« Les actes ne valent que par les intentions, et chacun n'aura que ce qu'il a eu l'intention de faire. »
Source : Abū Dāwūd n°2201, Ibn Mājah n°4227, d'après 'Umar ibn al-Khaṭṭāb رضي الله عنه : ṣaḥīḥ (authentique)
Un tachahoud prononcé sans intention, mécaniquement, reste valide sur le plan formel. Mais ce qui lui donne son poids, c'est la conscience de celui qui le récite. Innamā.
Quand dire et quand ne pas dire : les erreurs courantes
Ce qu'on fait souvent, à tort :
Certains ajoutent سَيِّدِنَا (sayyidinā, « notre maître ») devant le nom du Prophète ﷺ dans la formule du tachahoud : « wa-ashhadu anna sayyidanā Muḥammadan ʿabduhu wa-rasūluh. » La position des juristes sur ce point est claire : la prière se récite avec le texte transmis tel quel. La formule enseignée par le Prophète ﷺ à Ibn Mas'ûd رضي الله عنه ne contient pas ce titre. Cela ne diminue en rien la vénération due au Prophète ﷺ : elle s'exprime dans la salât ibrâhîmiyya et dans toute la vie du croyant. Mais dans le texte liturgique, on s'en tient à ce qui a été transmis.
Ajouter la salât ibrâhîmiyya au premier tachahoud (du milieu) est une erreur fréquente. Le premier est court, le dernier est complet. Connais la différence pour l'appliquer.
⚠️ Réciter le tachahoud trop vite :
Le tachahoud n'est pas une formule à expédier pour passer au salâm. C'est le moment le plus intime de la prière, celui où tu es assis, calme, à genoux devant Allah, en train d'attester. Prends le temps. Comprends ce que tu dis. Et pour comprendre ce que tu dis, il faut maîtriser l'arabe coranique à un niveau qui te permette de ne plus réciter à l'aveugle.
Apprendre l'arabe pour comprendre ta prière
Quand tu murmures le tachahoud, tu fais de l'arabe littéraire, du fusha pur. At-taḥiyyātu, aṣ-ṣalawāt, aṭ-ṭayyibāt : c'est la morphologie classique, les pluriels de l'arabe formel, la syntaxe du Coran.
Et chaque fois que tu dis أَشْهَدُ (ashhadu), tu conjugues un verbe à la première personne du singulier du présent. Chaque fois que tu dis عَبْدُهُ (ʿabduhu), tu composes un mot avec son pronom suffixe de troisième personne. Tu fais de la grammaire arabe sans le savoir.
Ce que nous faisons à Tanger Institut, dans nos cours d'arabe à Tanger, c'est rendre conscient ce qui était inconscient. Te donner les clés de la langue pour que les adkar après la prière, les versets, les invocations cessent d'être des sons et deviennent des mots que tu habites vraiment. C'est précisément pour ça que des francophones viennent de toute l'Europe et du Maghreb apprendre l'arabe littéraire ici : pour que leur prière ait un goût différent.
In sha Allah, si tu veux aller plus loin dans la compréhension de l'arabe de ta prière et de ton dhikr, les cours d'arabe à Tanger sont là pour toi.
FAQ : les questions les plus fréquentes sur le tachahoud
❓ Quelle est la formule du tachahoud ?
La formule est : At-taḥiyyātu lillāhi wa-ṣ-ṣalawātu wa-ṭ-ṭayyibāt. As-salāmu ʿalayka ayyuhā n-nabiyyu wa-raḥmatu Llāhi wa-barakātuh. As-salāmu ʿalaynā wa-ʿalā ʿibādi Llāhi ṣ-ṣāliḥīn. Ashhadu an lā ilāha illā Llāh, wa-ashhadu anna Muḥammadan ʿabduhu wa-rasūluh. C'est la formule enseignée par le Prophète ﷺ à Ibn Mas'ûd رضي الله عنه, transmise dans Ṣaḥīḥ Muslim n°402.
❓ Quand fait-on le premier et le dernier tachahoud ?
Le premier tachahoud se récite à la deuxième rak'ah des prières de trois ou quatre rak'ahs (Dhuhr, 'Asr, Maghrib, 'Ichâ'), avant de se relever pour continuer. Le dernier tachahoud clôt toute prière, quelle que soit sa longueur, avant le salâm final.
❓ Quelle est la différence entre le premier et le dernier tachahoud ?
Le premier tachahoud ne comprend que la formule de base (at-taḥiyyātu… ʿabduhu wa-rasūluh). Le dernier tachahoud y ajoute la salât ibrâhîmiyya (Allāhumma ṣalli ʿalā Muḥammad…), l'invocation de protection contre les quatre épreuves, et un espace d'invocation personnelle libre avant le salâm.
❓ Le tachahoud est-il obligatoire dans la prière ?
Le dernier tachahoud est considéré par beaucoup de savants comme un pilier (rukn) de la prière : l'omettre intentionnellement invalide la prière. Le premier tachahoud (du milieu) est classé parmi les obligations (wājibāt) dont l'oubli se corrige par la prosternation d'oubli (sujūd as-sahw), sans invalider la prière.
❓ Que dit-on après le tachahoud final ?
Après la formule de base, on récite la salât ibrâhîmiyya (les bénédictions sur le Prophète ﷺ et sa famille par comparaison avec Ibrahim), puis l'invocation de protection contre les quatre épreuves (enfer, tombe, épreuve de la vie et de la mort, Dajjāl), puis une invocation personnelle libre. On prononce ensuite le salâm.
❓ Quel est le texte complet du tachahoud en français ?
« Les salutations appartiennent à Allah, ainsi que les prières et les bonnes choses. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d'Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les serviteurs vertueux d'Allah. J'atteste qu'il n'y a de dieu digne d'adoration qu'Allah, et j'atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager. » Suivi, au dernier tachahoud, des bénédictions abrahamiques et de la demande de protection.
Apprendre l'arabe à Tanger : pour comprendre ta prière
Cours intensifs en présentiel à Tanger. Depuis 2012, nous aidons les francophones à maîtriser la langue arabe : la vraie, la solide, celle qui donne un sens nouveau à chaque mot de la prière. Découvrez nos cours d'arabe à Tanger.
